Mieux, moins…? Oui, c’est un raccourci brutal, je l’avoue, mais le propos est de rappeler que notre terre est fatiguée, usée par tant d’efforts, tant de mesures intensives, d’exploitation agressive, qu’elle s’appauvrit et que tout cela finît par empoisonner. Nous empoisonner.

Pesticides ? Terme qui vient de l’anglais et que l’on peut analyser de la façon suivante: “Cide”, du latin cida qui veut dire “tuer”, et “pest” de l’anglais qui signifie “nuisible”. Ce sont donc un ensemble de molécules destinées à tuer des corps étrangers aux cultures.

On les classe en quatre grands groupes:

  • Herbicides
  • Fongicides
  • Insecticides
  • Parasiticides

Il en existe d’autres, mais ces classes correspondent aux pesticides les plus utilisés. On le sait, ils sont utilisés en agriculture pour combattre les insectes, les champignons et maladies des plantes, ainsi que les mauvaises herbes qui privent les cultures d’une partie de l’eau, des matières nutritives et de la lumière dont elles ont besoin. L’objectif des pesticides est de produire des cultures à qualité constante, et donc d’optimiser le rendement à l’hectare.

Les pesticides, composés chimiques de synthèse, ont des modes d’action qui leur sont spécifiques selon la cible visée. Pour exemple, les insecticides carbamates inhibent l’acétylcholinestérase qui est une enzyme qui intervient dans le processus neurotransmetteur et influe sur la régulation de la fréquence cardiaque. Une exposition intensive répétée aux insecticides peut perturber le fonctionnement du système nerveux et conduire à des pathologies non réversibles.

Les liens de causalité entre pathologies et exposition aux pesticides n’est pas aisée car un nombre considérable de facteurs viennent perturber les analyses. Ce que l’on peut dire, c’est qu’il y a néanmoins une forte présomption entre des effets constatés et l’exposition chronique à ces substances.

Les intoxications chroniques prennent des formes variées. En voici quelques unes:

  • Les atteintes dermatologiques: rougeurs, démangeaisons, ulcérations ou urticaires, plus particulièrement sur les parties découvertes du corps.
  • Les atteintes neurologiques: induisent une fatigabilité musculaire et une diminution de la sensibilité tactile. Les organophosphorés entraînent des céphalées, des troubles de l’humeur (anxiété, irritabilité, dépression), parfois des hallucinations. Certains pesticides sont également responsables de paralysie.
  • Les altérations endocriniennes: Dans la liste des 171 Perturbateurs endocriniens  publiée par l’OMS en 2013 on dénombre 70 pesticides.
  • Les maladies neurodégénératives: L’exposition chronique à certains pesticides pourrait augmenter les risques de maladie de Parkinson de près de 70%. Cela signifie que 5% des personnes exposées aux pesticides auraient un risque de développer la maladie, contre 3% pour la population générale.
  • Les cancers: Plusieurs études montrent que l’exposition aux pesticides augmenterait le risque de développer certains cancers, dont le lymphome non-Hodgkinien (NHL), le sarcome, la leucémie, le cancer de la prostate et le cancer du cerveau. D’autres études mettent en évidence le lien existant entre l’exposition aux pesticides et le développement de cancers hormono-dépendants, prostate, sein et testicule. Chez des agriculteurs exposés intensément à ces produits, le risque de développement d’un cancer du cerveau est multiplié par deux.

Or les pesticides et leurs formes décomposées se retrouvent dans toute notre chaîne alimentaire grâce à leur facilité à pénétrer les eaux.

Cette partie, ici exposée, ne constitue qu’une première partie du sujet que je souhaite traiter. Une suite permettra d’approfondir le sujet.